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Jean Hatzfeld, Nyamata, Saison VI

  • Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w'igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l'image de ce qu'ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d'irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d'admettre qu'il y ait eu des Hutus méritants.
    Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires. Chacun trouve les mots pour relater ce chaos dans une langue étrange, familière et nourrie de métaphores, reconnaissable entre toutes pour ceux qui ont lu les précédents livres de l'auteur.

  • Une saison de machettes

    Jean Hatzfeld

    • Seuil
    • 22 Août 2003

    Élie : «... Au fond, un homme c'est comme un animal, tu le tranches sur la tête ou sur le cou, il s'abat de soi. Dans les premiers jours, celui qui avait abattu des poulets, et surtout des chèvres, se trouvait avantagé ; ça se comprend. Par la suite, tout le monde s'est accoutumé à cette nouvelle activité et a rattrapé son retard... Le boulot nous tirait les bras...
    ... Personne ne peut avouer l'entière vérité. Sauf à se damner aux yeux des autres. Et ça, c'est trop grave. Mais un petit nombre commencent à raconter des bouts terribles. C'est grand-chose... Les fauteurs savent plus que des souvenirs et des précisions élémentaires, ils ont des secrets dans l'âme...» Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce «brouhaha» de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

  • Hatzfeld a couvert les événements du Rwanda en journaliste.
    Mais ce qu'il nous propose dans ce livre n'est pas une enquête sur le Rwanda. C'est beaucoup plus fort. Il s'agit des témoignages, retranscrits tels quels, d'hommes et d'enfants Tutsis, rescapés d'un génocide qui a fait 500 000 morts. Ces survivants parlent. Ils racontent ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont vécu. Leurs paroles sont bouleversantes parce qu'elles sont authentiques. L'auteur a fait des textes de liaison pour situer chaque témoin dans son environnement d'aujourd'hui. Depardon a photographié ces témoins avec respect et simplicité.
    Au cours de nombreux séjours dans une petite ville du Rwanda, Jean Hatzfeld a tissé des liens d'amitié et de confiance avec des rescapés Tutsi du génocide. Avec leurs mots ils lui ont raconté ce qu'ils ont vécus. Ces témoignages d'enfants, de femmes et d'hommes, souvent seuls survivants de leur famille, sont bouleversants.
    Dans leur singularité, ils atteignent, à force d'authenticité, une portée universelle. On ne les oublie plus.
    « On mourait coupé à la machette comme des chèvres au marché. On ressemblait à des animaux et eux ils avaient pris l'habitude de nous voir comme des animaux. En vérité, ce sont eux qui étaient devenus des animaux, pire que des animaux de la brousse parce qu'ils ne savaient plus pourquoi ils tiraient. »

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  • Un papa de sang

    Jean Hatzfeld

    «Je ne sais pas si je pourrais tomber amoureuse d'un garçon hutu. À Nyamata, zéro risque, on se connaît tous. Si je découvrais mon amoureux hutu, je me verrais bousculée. Mais je pense que je pourrais bien ne pas l'abandonner. Comment le savoir?».
    Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata, au bord de ses marais, vingt ans après le génocide. Il donne la parole ici non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants. Ils n'ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir. Ils s'appellent Idelphonse, Fabiola, Immaculée, Fabrice, sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale.
    Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés internet mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance.

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  • «Un matin, j'étais avec Alexis. Nous avons dissimulé deux enfants sous les feuillages et nous avons cherché notre trou de vase. Les tueurs sont venus en chantant. Ils se sont approchés tout près, j'ai senti leur odeur. J'ai chuchoté à Alexis : «Cette fois, nous sommes bientôt morts.» Il m'a répondu : «Ne bouge pas, je vais les feinter.» Il a hurlé le rire de la hyène. C'était très bien imité. Ils ont reculé de peur de la morsure. Mais en s'écartant de leur chemin, ils ont découvert une cachette de femmes et d'enfants. On a entendu les coups plus que les pleurs parce que les malchanceux choisissaient de mourir en silence.» Voilà une quinzaine d'années, dans la ville de Nyamata, Jean Hatzfeld a rencontré Englebert Munyambonwa, qui arpentait en haillons la grande rue, s'arrêtant dans tous les cabarets, hélant les passants. Une amitié est née avec ce personnage fantasque, rescapé des brousses de Nyiramatuntu, fils d'éleveurs, grand marcheur aussi érudit qu'alcoolique, accompagné par ses fantômes dans un vagabondage sans fin.

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  • La stratégie des antilopes

    Jean Hatzfeld

    • Points
    • 18 Septembre 2008

    Un matin brûlant de mai 2003, une file d'anciens tueurs rwandais franchit les portes du pénitencier de Rilima, en chantant des alléluias. A la surprise de tous, notamment des rescapés qui les regardent s'installer à nouveau sur leurs parcelles, à Nyamata et sur les collines de Kibungo ou Kanzenze. Comment vivre désormais côte à côte, que se dire quand l'essentiel est indicible, que ramène-t-on de là-bas ?

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